Qui achète et quelles règles s'appliquent
Budget de l'État, bailleur de fonds, agence des Nations Unies ou entreprise privée : comment savoir en une minute quelles règles gouvernent l'avis que vous lisez.
Édition Bénin : les règles affichées sont celles de ce pays.Changer de pays
Avant de lire les critères d'un avis, posez une question : d'où vient l'argent, et quelles règles l'accompagnent ? La réponse décide de presque tout : qui a le droit de répondre, la forme de la caution, la langue de l'offre, le portail à utiliser, et à qui vous plaindre si les choses tournent mal. Il existe quatre familles d'acheteurs, et une minute suffit en général pour reconnaître la vôtre.
Famille 1 : les acheteurs publics nationaux
Ce sont les ministères, les collectivités locales, les établissements publics et, selon le pays, certaines sociétés d'État. Ils achètent avec le budget public, sous le code des marchés publics du pays.
Comment les reconnaître. L'avis parle d'« autorité contractante », de « personne responsable des marchés » ou de « maître d'ouvrage ». Il mentionne un budget national, un exercice budgétaire ou un code des marchés publics. Aucun bailleur étranger n'est cité.
Ce que cela change pour vous. Les règles sont celles de votre pays, et elles sont publiques. Les pièces administratives, les seuils et les délais de recours sont dans la réglementation de votre pays. Une commission de l'acheteur évalue les offres, et un organisme de régulation peut être saisi en cas de litige.
ARMP (Autorité de régulation des marchés publics)
Autorité indépendante rattachée à la Présidence. Elle règle les recours des soumissionnaires, prononce les exclusions et tient la liste rouge des entreprises exclues. Adresse: armp.bj, ligne verte 7111.[1][5][6]
DNCMP (Direction nationale de contrôle des marchés publics)
Sous la tutelle du ministère des Finances. Elle valide les plans de passation, les dossiers d'appel à concurrence et les procès-verbaux d'attribution provisoire au-dessus de ses seuils, autorise les exceptions, et administre le SIGMaP et le portail web des marchés publics.[1]
CCMP et DDCMP (cellules de contrôle et directions départementales)
La cellule de contrôle de chaque acheteur contrôle les marchés sous les seuils de la DNCMP. Les directions départementales de la DNCMP contrôlent les montants intermédiaires des communes et de certains établissements.[1][2]
PRMP (personne responsable des marchés publics)
Elle lance la procédure, signe le marché au nom de l'acheteur et publie les procès-verbaux. C'est à elle qu'on adresse le premier recours. Elle est nommée par le ministre, le maire, le directeur général ou son équivalent selon l'acheteur.[1]
COE (commission d'ouverture et d'évaluation)
Commission créée pour chaque procédure. Elle ouvre les plis en séance publique, évalue les offres et propose l'attributaire.[1]
Autorités approbatrices
Le marché n'existe qu'une fois approuvé: par le ministre des Finances pour les marchés relevant de la DNCMP (hors communes), par le maire pour les communes, par le ministre concerné pour les marchés de sa cellule, par le directeur général pour les autres entités.[1]
Portail des marchés publics et SIGMaP
Portail web des appels à concurrence, plans, avis généraux et procès-verbaux d'attribution provisoire, administré par la DNCMP. Le décret de 2025 prévoit un nouveau système électronique de gestion de la commande publique, dont la date de mise en service n'est pas confirmée.[1][7][4]
Famille 2 : les projets financés par un bailleur de fonds
Une banque de développement ou un donateur finance un projet, et une unité locale achète pour ce projet : une unité de gestion, une cellule de coordination, parfois un ministère. L'acheteur est local, mais les règles sont en général celles du financeur.
Comment les reconnaître. Cherchez les mots « financement », « prêt », « crédit » ou « don », suivis du nom d'une institution. Une phrase revient souvent : le gouvernement a obtenu un prêt ou un crédit de telle banque et a l'intention d'en utiliser une partie pour régler ce marché. Le nom du projet figure aussi dans l'avis.
Ce que cela change pour vous. Le dossier suit le modèle du bailleur, et son vocabulaire peut surprendre. Les conditions d'admission peuvent différer de celles du code national, et le bailleur tient souvent sa propre liste d'entreprises exclues. Il faut aussi se préparer à des clauses sur la fraude et la corruption qui lui permettent de contrôler vos comptes. La page de chaque organisation détaille ses règles :
- Nations Unies (ONU et ses agences)Comment s'inscrire sur UNGM, trouver un avis de l'ONU, comprendre RFQ, ITB et RFP, savoir où chaque agence (OIT, PNUD, UNICEF, FAO, UNOPS, OIM, PAM, OMS, HCR, Secrétariat) reçoit réellement les offres, et contester une décision.
- Banque mondiale (projets financés)Comment répondre à un appel d'offres d'un projet financé par la Banque mondiale : qui achète, où trouver les avis, les méthodes (RFB, RFQ, RFP, QCBS), l'éligibilité, le délai de suspension et les plaintes.
- Banque africaine de développement (BAD)Ce qu'il faut savoir pour répondre à un appel d'offres d'un projet financé par la BAD : qui achète, le cadre de passation des marchés de 2015, l'éligibilité des pays membres et où suivre les avis.
- Fonds mondial (sida, tuberculose, paludisme)Vendre des produits de santé financés par le Fonds mondial : qui achète (le récipiendaire principal du pays), les trois voies d'achat, les normes de qualité, l'absence de préférence nationale et ce que cela change pour une PME locale.
- Union européenne (action extérieure)Comment répondre à un marché financé par l'UE en dehors de l'Union : gestion directe ou par le pays partenaire, règles de nationalité et d'origine, portail Funding & Tenders, seuils et recours.
- Agence française de développement (AFD)Comment répondre à un appel d'offres financé par l'AFD : le maître d'ouvrage achète, les Directives de l'AFD fixent les règles, aucune condition de nationalité, déclaration d'intégrité, publication sur dgMarket.
- Banque islamique de développement (BID)Comment répondre à un appel d'offres d'un projet financé par la Banque islamique de développement : directives d'achat, avis, éligibilité des pays membres, délai de suspension et plaintes.
- Institutions régionales (BCEAO, BOAD, BEAC, BDEAC, UEMOA, CEDEAO)Comment vendre à la BCEAO, à la BOAD, à la BEAC et à la Commission de la CEDEAO, ou répondre à un marché financé par la BOAD : règles propres, annonces, seuils de la BOAD, délais et recours, et ce que nous n'avons pas pu établir pour la BDEAC et l'UEMOA.
- Entreprises privées, sociétés minières et ONGVendre à une entreprise privée, une société minière ou une ONG : pas de code des marchés, la règle est celle de l'acheteur, sauf quand l'argent vient d'un bailleur qui impose ses règles, et comment se faire payer en cas d'impayé.
Famille 3 : les agences des Nations Unies et autres organismes internationaux
Les agences des Nations Unies, les organisations régionales et d'autres organismes internationaux achètent pour eux-mêmes, avec leurs propres règles et leurs propres systèmes. Ils ne sont pas soumis au code des marchés publics du pays où ils travaillent.
Comment les reconnaître. L'acheteur est nommé directement, sans ministère ni unité de projet. Le document s'intitule souvent RFQ, ITB ou RFP, ou leurs équivalents français. Le dépôt passe par un portail fournisseur ou une adresse électronique dédiée, et une inscription préalable est fréquente.
Ce que cela change pour vous. Il y a moins de pièces administratives nationales, mais les exigences de forme sont strictes. Les délais sont parfois courts, et l'heure limite peut être donnée dans un autre fuseau horaire. Le régulateur national n'a en principe aucune prise sur ces achats : une plainte passe par les voies propres à l'organisme. Commencez par la page Nations Unies.
Famille 4 : les entreprises privées et les ONG
Une société minière, une banque, un opérateur télécom ou une ONG achète selon sa propre politique. Aucun code des marchés publics ne s'applique en principe.
Comment les reconnaître. L'acheteur est une société ou une association. L'avis parle de « consultation », de « demande de prix » ou d'« appel à candidatures » et il renvoie souvent à une adresse électronique.
Ce que cela change pour vous. Il y a moins de formalités, mais aussi moins de garanties. L'acheteur peut négocier, changer d'avis ou ne pas répondre, et il n'existe en général ni séance publique, ni délai de recours. Le contrat que vous signez est donc votre principale protection, et une ONG qui dépense l'argent d'un bailleur doit parfois suivre une procédure imposée par celui-ci. Voir Entreprises et ONG.
Les quatre familles côte à côte
| Public national | Projet financé par un bailleur | Nations Unies et organismes internationaux | Entreprises et ONG | |
|---|---|---|---|---|
| Qui décide | La commission et l'autorité contractante, avec les contrôles nationaux prévus | L'unité de projet, souvent avec l'accord du bailleur | L'organisme lui-même | L'entreprise ou l'ONG |
| Quelles règles | Le code national | Celles du bailleur, avec le droit national pour ce que le dossier lui laisse | Celles de l'organisme | La politique d'achat interne, parfois celle d'un bailleur |
| Où se plaindre | L'acheteur, puis l'organe de recours national, puis les tribunaux | L'acheteur, puis les voies indiquées dans le dossier et par le bailleur | Les voies de l'organisme, à vérifier dans son document | L'acheteur, puis le droit commercial si un contrat existe |
| Où va l'offre | À l'adresse de l'acheteur indiquée dans le dossier, ou sur le portail national s'il y en a un | À l'unité de projet, ou sur le portail du bailleur | Sur le portail ou à l'adresse de l'organisme | À l'adresse donnée dans la consultation |
Le test d'une minute
Lisez qui signe l'avis
Un ministère ou une commune ? Une unité de projet ? Une agence internationale ? Une société ?
Cherchez la source de financement
Elle figure souvent dans les premières lignes. Le nom d'un bailleur vous conduit à la famille 2, même si l'avis est signé par un ministère.
Si l'avis ne dit rien, ouvrez le dossier
Les instructions aux candidats indiquent les règles applicables. Si le doute persiste, posez la question par écrit à l'acheteur.
Allez lire la bonne page
La réglementation de votre pays pour la famille 1, la page de l'organisation pour les familles 2, 3 et 4.
Où paraissent les avis dans votre pays
Les canaux dépendent en partie de la famille d'acheteur : les avis nationaux ont leurs supports officiels, et les bailleurs et les agences internationales publient aussi sur leurs propres sites. Le support où vous lisez un avis n'en change pas les règles.
Portail des marchés publics du Bénin
Appels à concurrence, plans de passation, avis généraux, procès-verbaux d'attribution provisoire, liste des dossiers types, rubrique contentieux et numéro vert. Le site renvoie aussi vers le SIGMaP.
La consultation ne demande pas de compte et des alertes gratuites peuvent être créées. Contrôlez aussi les autres canaux: la page lue affichait des compteurs 2026 à zéro.
Site du gouvernement, rubrique Marchés publics
Liste d'avis classés par type: manifestation d'intérêt, appel d'offres, demande de renseignements et de prix, demande de cotation, avis général, avec date et heure limites.
Libre, sans inscription.
Quotidien de service public et journal des marchés publics
Tout appel à concurrence doit au minimum paraître dans le quotidien de service public, sur le portail web national et dans le journal des marchés publics.
Affichage chez l'acheteur, à la préfecture ou à la mairie, et dans les chambres de métiers
Les demandes de renseignements et de prix de certaines structures de l'État (lycées, hôpitaux, tribunaux, préfectures, directions départementales) sont affichées à leur siège, à la préfecture ou à la mairie dont elles relèvent, et dans les chambres de métiers et institutions consulaires. Pour une demande de cotation, la publication d'un avis n'est pas obligatoire.
Système d'information et de gestion électronique de la commande publique
Futur canal unique de la passation, avec retrait du dossier, dépôt chiffré et signé électroniquement, accusé de réception horodaté et recours en ligne. Le public peut consulter librement les informations ouvertes à tous. Pour agir (déposer une offre), il faut un certificat électronique.
Compte d'utilisateur et certificat électronique délivré par l'organisme habilité. Inscription par formulaire signé.
Et ensuite
Une fois la famille reconnue, voyez le type de procédure, qui dit qui peut répondre et ce qu'il faut remettre, puis lisez le dossier.
À lire ensuite
- Les types de procédures : ouvert, restreint, cotation, gré à gré, AMICe que chaque procédure veut dire, qui peut y répondre, ce qu'elle demande, et les seuils qui la déclenchent dans votre pays.
- Lire un avis et un dossier d'appel d'offresQuoi lire d'abord, où se cachent les critères qui vous éliminent, et comment décider en une heure si l'offre vaut le travail.
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